Mariage en Crète : trois jours au bout de la Méditerranée avec Elodie & Marvin

Mariage en Crète : trois jours au bout de la Méditerranée avec Elodie & Marvin

Collines d’oliviers et petite chapelle au crépuscule en Crète, avant un mariage en petit comité

Il y a un an, presque jour pour jour, j’arrivais de nuit.

Après le trajet jusqu’en Suisse, l’avion, les turbulences, le petit aéroport crétois, la voiture de location trouvée à tâtons, la route jusqu’à la villa, il n’y avait plus rien à voir. L’obscurité, les phares, quelques lumières au loin qui dessinaient vaguement la cote. La Crète existait quelque part autour de moi sans se laisser voir encore. Tout semblait virtuel, suspendu, comme si le réel n’avait pas eu le temps de s’installer.

C’était la première fois que je partais seule à l’étranger pour un mariage.
L’endroit m’était inconnu, la langue aussi, et j’avais trois jours devant moi avec des gens que j’aimais déjà.

Toute seule, à l’autre bout de l’Europe, pour rejoindre une famille dans une villa en octobre. Je me suis demandée si je valais le fait de traverser un continent pour ça sur le moment… Mon premier « destination wedding », un mariage Crète, c’est juste fou!

Cette légère déréalisation durerait encore le lendemain matin. Après tout, je pouvais être n’importe où vu que je ne voyais rien pour me contredire, non ?

Comme en suis-je venue là me direz-vous ? Trois ans plus tôt, à Grenoble, dans un appartement à l’île verte avec une séance Projet Relief.s et une inconnue qui s’appelait Elodie.

Projet Relief.s, une rencontre dans l’intimité

Projet Relief.s débutait à peine. J’avais lancé l’appel avec prudence, sans savoir encore quelle forme il prendrait, autour du corps en mouvement et des reliefs que la vie trace sur la peau. Elodie faisait partie des toutes premières courageuses personnes à m’avoir contactée. Elle s’est confiée sur ce qu’elle traversait, avec une liberté & une lucidité désarmante.

Quelque temps plus tard, c’est lui qui m’a contactée à son tour. On a fait sa séance dans la même pièce, deux personnes différentes au même endroit, et ça m’a fait sourire. J’ai aimé qu’ils en aient parlé l’un à l’autre, qu’ils aient des discussions à coeur ouvert sur leur rapport au corps. Même confiance à construire, même conversation qui déborde vite sur la musique, le cinéma, la façon d’être au monde.

Mon intuition avait été juste les concernant, ce sont des personnes conscientes et qui s’interrogent sans cesse.

My type of people.

“On va se marier, tu veux bien faire les photos ?”

C’est arrivé sur le ton de la plaisanterie, ou du moins, c’est un peu comme ça que je l’ai pris. Ils me suivaient sur tous mes comptes et avaient découvert que Projet Relief.s était un projet parmi d’autres & que j’accompagnais aussi des couples, des mariages, des histoires d’amour sous toutes leurs formes.

Durant un de nos moments ils m’ont dit que dans deux ans ils se mariaient, et qu’ils aimeraient que je sois là.

J’ai dit oui (du verbe oui), sans certitude que ça se ferait, mais avec une véritable & dévorante envie. Comment refuser une aventure pareille ? L’Italie a été évoquée puis élégamment balayée par la Crète qui les avait conquis quelques temps après.

On s’est vus plusieurs fois. Café, patisseries, avant d’envisager les choses sérieuses et de brainstormer devant une raclette (je ne peux jamais refuser du fromage, vous êtes avertis). Devant un plateau opulent on a évoqué ce qu’ils imaginaient, j’étais touchée d’être aussi bien reçue & incluse dans ce projet aussi fou.

Tout est devenu réel le jour où Elodie m’a dit :

« Les vols pour Héraklion sont ouverts, tu peux les prendre tes billets et on valide! »



Et puis, on souffle, on clique, on check le passeport & on plonge dans l’inconnu.

Villa à Agia Pelagia

Au réveil, j’avais peine à croire que j’étais là. Les mariés étaient partis au restaurant en amoureux la veille c’est donc la mère d’Elodie et sa grand-mère qui m’ont accueillie, avec quelques amis déjà sur place. C’était très abstrait & pourtant c’était doux d’être là.

La villa se devinait immense, plusieurs étages, ma propre chambre, avec une piscine & un jardin, des palmiers et une vue prometteuse de la baie d’Agia Pelagia, l’air salé de la mer proche.

Les retrouvailles avec eux se sont faites devant une table de petit déjeuner avec une tasse de café & des viennoiseries à portée de main. Ils étaient vraiment là, ravis, et moi aussi.

Avant le jour J, on en a profité pour faire des séances, Une en famille, multigénérationnelle, avec mère, grand-mère et leurs deux filles, puis en couple, pour se souvenir de leur « pourquoi ici« , juste eux deux, sur la crique d’Agia Pelagia.

Dans la lumière de fin d’après-midi. Un bleu qui n’existe qu’en Méditerranée en octobre, encore chaude, encore lumineuse, sous des falaises calcaires qui y plongent. J’ai compris pourquoi ils avaient échangé l’Italie contre la Crète…

– petit reget de ne pas avoir fait des backstages de cette mémorable séance où je suis entrée dans l’eau jusqu’à la taille avec mes deux boîtiers malgré les vagues-

Crique d’Agia Pelagia en Crète, mer calme et côte rocheuse sous un ciel nuageux

Dans les montagnes de Krousonas où ils étaient déjà chez eux

Presque toute la noce de ce mariage en Crète se tenait à Baxès le restaurant où ils étaient déjà allés proche de Krousonas. Ils s’étaient très bien entendus avec les propriétaires, d’une chaleur & d’une gentillesse indéniable. Aujourd’hui je peux intimement comprendre pourquoi ils ont choisi cet endroit.

Dans la cour, ça sentait le soleil. Des grappes de raisin pendaient au-dessus de nos têtes, la vigne faisait de l’ombre, les oliviers n’étaient pas loin, les grenadiers non plus. Ils ont tenu à contribuer à ce moment en offrant un mélange de noix et de miel que les mariés doivent partager pour porter bonheur.

Burgundy & Black : The Dark Pantone

Lui en bordeaux. Elle en robe noire. Quand on les connait on ne peut pas être étonné. Ils ont cette faculté à l’audace & l’authenticité, ce respect d’eux-mêmes que je souhaite à toute personne dans sa vie. Un mélange qu’on peut trouver étrange voire décalé. Eux, somme toute.

La robe a été créée et pensée par une créatrice dont la sensibilité burtonienne ne pouvait que fonctionner : Marie Lledo, (fun fact elle avait déjà créé sa première robe de mariée!) et Elodie a été sublimée par Thekla Badouva, une maquilleuse locale adorable et de talent.

Photographe mariage Crète, Elodie & Marvin enlacés dans un champ d’oliviers, village et chapelle au loin

Une mariée en noir, c’est un rêve depuis toujours qui s’exauce.Je trouve ça d’une élégance folle. Et j’espère fort avoir l’occasion de croiser le chemin d’une autre mariée faite de sombre poésie un jour.

Arrivés un peu en avance au restaurant, on en profite pour une petite coupure et faire des photos de couple dans les champs d’oliviers des propriétaires.

Quand on est en petit comité, s’éclipser veut dire moins de temps à être avec ses invités, on a préféré privilégier ce moment avant leur célébration avec leurs proches.

Une ambiance très automnale, un brin spooky mais surtout très « wow ».
Deux gravures de mode devant moi, qui s’aiment très très très fort, avec amour & humour.

Pendant la cérémonie, j’ai baissé mon appareil plusieurs fois. Leurs discours me faisaient pleurer, et voir tout le monde aussi ému, aussi soudé. J’ai versé quelques larmes. Il y a eu des rires aussi, beaucoup, parce que ce couple a énormément d’humour & d’autodérision. Les deux se succédaient à ne plus savoir s’il valait mieux rire franchement ou pleurer une bonne fois.

Cour de la taverne Baxès en Crète, bougainvilliers rouges et pergola de vigne, invités attablés au fond

Ils avaient pensé aux détails. Leurs alliances qu’ils ont créées eux-mêmes lors d’un stage avec Ellen, une bijoutière Grenobloise aussi. Le motif de la pieuvre revenait, sur sa peau à elle avec sa sublime pièce signée Bout de Charbon et on le retrouvait sur la décoration de la poche du costume de Marvin… La boucle était bouclée et je suis friande de ces petits traces de petit Poucet.


Les propriétaires étaient adorables. Pour faire patienter, un apéritif dehors, des olives de leur production, et quelques pâtisseries que je n’ai malheureusement pas pu goûter. Puis, à l’intérieur, un repas typiquement crétois. Des dakos, ces petits pains avec de la purée de tomates fraîches, de l’huile d’olive & de la feta (j’ai développé une obsession depuis). Un festin qui ne s’arrête jamais. Pour clôturer les loukoumades ont scellé le repas à coup de miel (un véritable nuage de gras & de sucre, la texture est folle!)

Bien sûr tout était fait maison, avec leurs produits. Une simplicité qui s’efface derrière la maîtrise de chaque plat le tout arrosé de vin & raki pendant tout le repas (boisson faite à partir de marc de raisin)

Trois jours, moins de trente, une place à part

On était vingt-cinq tout au plus. À cette échelle, on ne passe pas inaperçue. On pourrait craindre d’être visible quand il s’agit d’être discrète & témoin d’un moment aussi privilégié. Curieusement, c’est ce qui m’a donné l’énergie dont j’avais besoin pour restituer tous ces liens entre ces personnes. Et j’ai adoré être intégrée dans la discussion, connectée à eux, pas en marge. De la complicité s’est installée, des conversations profondes ou plus légères, des découvertes, de l’admiration.

Pendant trois jours, j’ai été la photographe qui cadre, anticipe, cherche la lumière, et un peu l’invitée aussi, celle qui rit avec eux, qui participe, partage la table, ris aux anecdotes. J’ai aidé tout en étant à ma place, et leurs besoins comme les miens étaient pris en compte, des deux côtés.

Elodie & Marvin ont choisi leurs priorités pour leur union. Loin des grandes lignes attendues dans un mariage, ils ont préféré traverser l’organisation en apportant avec eux ce & celleux qui leur ressemblent.



Je crois être la seule prestataire sur laquelle ils n’ont jamais transigé.

Le reste, ils trouvaient plus facile de l’organiser eux-mêmes : un lieu qu’ils connaissaient, des tenues qu’ils choisissaient, une organisation qui allait du très professionnel au très artisanal en faisant participer ceux qui le souhaitaient et en avait le temps. L’ensemble tenait, et il était très beau parce qu’il était simple, vrai, attention

Le voyage retour : des retrouvailles improbables

Sur chaque assiette, il y avait une photo de nous enfants. C’était un jeu de trouver qui était qui, pour savoir à quelle table et à quel endroit de la pièce on s’asseyait. À chaque fois, un petit message adressé à la personne. Avec ça, un sceau de cire à cacheter, et dans un petit sac, les fameux cadeaux. De l’huile d’olive, du miel, du raki. Je n’ai pas encore osé tout terminer. Je les ai gardés précieusement, j’en ai fait goûter autour de moi. Savoir d’où ça vient et qui l’a fait leur donne une valeur de plus.

Le mien m’a évidemment laissée les yeux humides… Ce n’est pas si souvent qu’on reçoit ce genre de présent.

« Lorelyne,
Qui aurait cru que la vie mettrait sur mon chemin une si belle âme.
Merci pour ta poésie, ton univers, et merci pour le bien que ton art fait au monde.
Merci de nous avoir suivis au bout de notre petit monde.

We love you (kind of)

Elo & Marv. »

Malgré l’émotion il fallait encore tenir l’appareil, j’ai glissé un « me too, kind of » mi gêné-mi-larmoyant accompagné d’un câlin à ces adorables amoureux avant de reprendre mes esprits et mon troisième œil en bandoulière. Et quelle soirée ça a été…!

Ils y ont mis du coeur, des choix & des vrais morceaux d’eux dedans (indice pour les curieux : jeux TV, karaoké & plus si affinités)

Après quelques jours en solitaire pour découvrir l’île (dont je parlerai sûrement dans un autre billet), il a fallu prendre la route du retour, celui de la maison.


A l’aéroport, je ne m’attendais à retrouver deux visages familiers dans ce long et lent chemin du chez soi : la mère & la grand-mère de la mariée! Même avion, même rangée, mêmes sièges, j’ignore où étaient les planètes mais j’ai trouvé ça drôle.

Peut-être fallait-il ce point final au séjour, être accompagnée de souvenirs et de visages souriants plutôt que d’uniquement penser à ce qui s’éloigne de nous par le hublot.

Les petits & grands trésors ramenés

L’odeur du soleil, de la pierre chaude & du sel, que je ne connais nulle part ailleurs. L’aridité des végétaux, les bleus de la mer, le sauvage qui persiste dans des endroits reculés. Aime Simone, que j’ai écouté en boucle là-bas, et qui m’a portée tout le voyage. La feta, mangée quasiment tous les jours, achetée au kilo, avec des fruits & des légumes en terrasse dans le silence, en compagnie de chatons, de paons et de chiens.

Et surtout les grenades… Ces petits rubis gustatifs que j’ai redécouvert au goût.

Je n’osais pas me servir dans le jardin de la propriétaire alors que les arbres ployaient sous leur poids, alors les mariés lui ont dit que j’adorais ça. « Prends absolument tout ce que tu veux dans l’arbre. » : j’en ai mangé toute la semaine, mis dans ma valise pour ma famille & à mes amis, elles avaient une saveur d’ailleurs, parce qu’elles venaient d’ici.

Depuis, la grenade fait partie de mes fruits préférés, dès que je peux en trouver, je repense à ce voyage. Il y a la symbolique de la mythologie grecque qui contente l’enfant que j’étais, passionnée par ces histoires, et il y a le souvenir de prendre le fruit directement sur l’arbre, dans un endroit fou avec eux.

Aujourd’hui, je peux dire avec fierté qu’on m’a emmenée jusqu’en Crète pour couvrir reportage de mariage, mais j’en retire surtout la déférence de notre lien à tous les trois qui dépasse clairement le cadre d’un voyage professionnel.

Avec eux, j’ai trouvé mes « folks », ces personnes qui vous apprécient avec l’entièreté de ce qu’ils sont et de ce que vous êtes.


With Love,

Lorelyne.

Si la Crète vous a donné des idées, ou si vous portez un projet de mariage au bout du monde (ou juste au bout de la route), j’aimerais beaucoup l’entendre. Mon courrier est ouvert.

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10/25/2026

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